Trouver un job et une formation avec la mission locale

Publié par katell le

 

J’ai rencontré pour vous Myriam qui est conseillère en Mission Locale. Découvre dans ce podcast les astuces et les informations qu’elle te donne pour:

  • trouver une formation
  • construire un projet professionnel,
  • obtenir des aides financières
  • te loger,
  • obtenir ton permis de conduire.

trouver une formation

Myriam, merci de m’accueillir chez toi. Dans cet endroit merveilleux à deux pas du chenal du four. Aujourd’hui c’est jour de tempête et le chenal du Four est un lieu de passage pour les bateaux entre Ouessant et la côte bretonne : il y a beaucoup de rochers, il y a des vagues spectaculaires. Il y aura des photos des images super belles à tourner là-bas mais on ne va pas y aller maintenant.

Tu es conseillère en mission locale et je souhaitais que tu expliques ce qu’est la Mission locale.

Myriam : Les Missions locales, ce sont des associations qui accueillent des jeunes entre 16 et 25 ans. Des jeunes qui ont arrêté l’école et qui ont besoin de soutien sur des questions d’emploi mais aussi de formation professionnelle, de mobilité, de logement, des aides financières, de la santé, des loisirs.

Katell : Quel est ton rôle à la Mission Locale ?

Myriam : Moi j’accueille des jeunes en entretien individuels, qui viennent spontanément nous voir à la Mission Locale sans prendre rendez-vous. En fonction de leur demande, de leurs besoins, j’essaie de leur faire des propositions pour les aider à cheminer.

Katell : Qu’est-ce qu’ils demandent ?

Myriam : L’emploi est souvent la première question mais aussi beaucoup la formation professionnelle.

Katell : Qui les envoie à la mission locale ?

Myriam : Ça peut être Pôle Emploi qui leur dit qu’on existe. Beaucoup de jeunes ne savent pas qu’on existe ni ce qu’on fait. Ce peut être aussi les copains qui sont venus nous voir et qui du coup incitent leur entourage à venir. Ce sont les frères et sœurs, les parents, les partenaires donc les centres de formation, les employeurs.

Katell : peux-tu donner des exemples concrets de ces demandes ?

Myriam : Ça peut être : « je viens parce que j’ai envie de trouver un boulot. »

Soit ils ont une idée précise de ce qu’ils cherchent, soit ils n’ont vraiment pas d’idée.

« J’ai envie de travailler mais je ne sais pas ce que je peux faire. Je ne sais pas quoi, je ne sais pas comment. » Alors nous, on les guide là-dessus.

Ça peut être aussi un jeune qui a déjà un diplôme et qui finalement se dit que ça ne lui plaît plus, qu’il a envie de changer. Il a déjà une idée précise de ce qu’il veut faire ou alors pas d’idée du tout. Ça peut être un jeune qui n’a jamais eu de diplôme qui se dit : « ben tiens, j’aimerais bien faire une formation, apprendre un métier, est-ce que vous pouvez m’aider là-dessus ? »

Ça peut être des jeunes qui travaillent mais qui ont besoin d’un soutien pour aller vers l’autonomie. C’est-à-dire « Je travaille, et j’aimerais bien prendre un logement. Est-ce que mon budget tient la route ? Est-ce que je peux être aidé pour passer mon permis de conduire ? »

Pour aller vers l’autonomie et à un moment donné se débrouiller sans les parents.

Katell : Être aidé pour le permis de conduire ? Mais la mission locale n’est pas une auto-école !

apprendre à conduire

Myriam : Non. On peut attribuer des aides financières qui viennent du département en fonction des revenus des jeunes et de leurs familles. Un jeune aussi qui a des difficultés dans l’apprentissage du code par exemple. Le code c’est de plus en plus dur. On a un partenariat avec une structure qui peut qui peut prendre du temps différemment d’une auto-école, que le jeune puisse vraiment bien comprendre les questions du code et répondre. On a aussi des fois déjà un jeune qui a déjà 40 heures de conduite et qui n’a plus le budget pour continuer à payer. On a des parrains qui peuvent passer des heures avec des jeunes pour qu’ils conduisent sans qu’ils aient à payer.

Katell : En conduite accompagnée ?

Myriam : Oui, en conduite accompagnée. On met à disposition des parrains et des véhicules pour que les jeunes passent leur permis.

Katell : Donc si je résume : vous pouvez apporter une aide pour trouver un logement. Une aide administrative à constituer les dossiers, un accompagnement pour trouver un logement ?

Myriam : Ça peut être ça. Ça peut être : « comment je fais avec mon budget ? » L’informer sur toutes les aides qui existent pour voir si son budget tient, si avec le salaire qu’il a c’est raisonnable de prendre un logement ou si c’est compliqué. On peut aussi l’informer de tous les dispositifs qui existent au niveau du logement.

Katell : Et si c’est pas raisonnable ?

Myriam : Si c’est pas raisonnable, nous on est là juste à titre informatif. La personne sait ce qu’elle veut. On est là pour dire : « attention ça risque de déséquilibrer les choses. »

Katell : Mais si ses revenus ne suffisent pas à ce qu’il puisse prendre un logement, est-ce que vous cherchez des solutions pour que ce jeune puisse avoir un meilleur revenu ?

Myriam : Oui, bien sûr ! Si son envie est de travailler, si la personne est à temps partiel et que le budget est un peu juste et qu’elle dit : « j’aimerais bien trouver un boulot à temps plein, avec plus d’heures, pour avoir plus de confort. » Au niveau financier on peut travailler avec elle là-dessus par exemple.

Katell : Un jeune qui travaille à temps plein, même au SMIC, peut se loger ?

Myriam : Oui, bien sûr.

Katell : je précise que nous sommes en Bretagne, à Brest, dans le Finistère. Les questions de logement ne sont sans doute pas les mêmes partout en France.

Myriam : oui, c’est ça, les loyers restent raisonnables. Parfois les jeunes peuvent s’orienter aussi vers un système intermédiaire comme le foyer de jeunes travailleurs.

Katell : Donc la voie d’entrée à la mission locale, ce n’est pas forcément des questions autour de l’emploi ?

Myriam : Pas seulement. C’est quand même beaucoup l’emploi et la formation et finalement en échangeant, en discutant avec des jeunes, on travaille aussi des questions de mobilité, d’autonomie, de logement. Comment ils imaginent leur vie future dans quelques temps et comment on peut les aider pour que les étapes se fassent.

Katell : Donc ce que tu dis, c’est que finalement, d’une thématique qui était plus centrée sur l’emploi et la formation, c’est tout un projet de vie qui est à construire.

On a besoin d’accompagnement pour ce projet de vie, et que quelquefois les familles ne parviennent pas à donner c’étaient de la. Les jeunes ont besoin d’avoir d’autres personnes pour les aider à penser ça avec des réponses concrètes du coup. Comme les aides financières, les parents, les aider à tenir un budget.

Myriam : Oui c’est ça, c’est un accompagnement global sur tout un tas de champs de la vie, de manière à un moment donné à pouvoir être autonome et être bien dans les choix qu’on a faits.

Katell : J’ai une autre question, une question qui me paraît vraiment très importante. Aujourd’hui, en France, quand on est jeune est-ce qu’on peut espérer gagner sa vie, et gagner sa vie correctement, donc pouvoir se payer un logement, un véhicule si besoin, passer le permis?

Peut-on vivre dignement de son travail en ayant par exemple que le bac ou en ayant pas le bac et ayant quitté le système scolaire plutôt. Dans ton expérience à la mission locale est-ce que ça, c’est possible ?

Myriam : Oui. C’est vraiment possible, on est témoin de ça tous les jours. Parmi les jeunes qu’on accueille, certains n’ont pas de diplôme. Certains ont des CAP, des BEP, certains des bacs, des bac+5, on accueille des jeunes qui ont fait tous types de parcours. On constate que fréquemment, même sans le bac, même sans diplôme, on peut travailler. On peut en vivre avec le SMIC et puis peut-être évoluer par la suite.

Katell : Mais alors, comment on fait ?

Myriam : ici, on est dans un secteur où il y a beaucoup de maraîchers : des serres de tomate. Ce sont de gros employeurs sur le secteur. Ces employeurs n’exigent pas de formation spécifique, d’expériences spécifiques. Ils prennent des jeunes qui n’ont jamais travaillé dans ce domaine-là et ils voient sur quelques jours si ça se passe bien. Si le jeune se plaît, si pour l’employeur tout est OK, la personne peut rester dans la durée.

Katell : C’est quand même un travail difficile d’être maraîcher, ouvrier maraîcher ! Est-ce que ça peut rentrer dans un projet de vie à long terme ou c’est juste un passage dans une vie ?

Myriam : Il y a les deux. Ça dépend des souhaits de chacun. Il y a des jeunes qui ont fait ça de manière alimentaire en se disant : « je vais travailler et on verra ce que la vie va ramener derrière. » Et puis certains que j’ai revu plusieurs mois après et qui m’ont dit : « Je me plais dans l’entreprise. Je me plais parce qu’il y a une bonne ambiance, parce que les horaires sont corrects. Souvent on termine le vendredi midi, donc je suis libre jusqu’au dimanche soir. » Certains avaient imaginé au départ n’être là que pour quelques mois et puis finalement resté deux ans, trois ans. C’est très variable.

Katell : Donc typiquement, ça fait partie de ce genre de métier où on ne te demande pas au départ de qualification particulière. Cela dit j’ai une autre question. Le problème souvent pour être recruté quant à 18 ans, c’est la première expérience. C’est-à-dire que les employeurs se méfient quand même des jeunes.

Myriam : Ça peut. Si la personne n’a aucune expérience, n’a jamais travaillé, elle-même se demande peut-être aussi comment ça se passe. On peut imaginer passer par un temps de stage.

Katell : En passant par la mission locale, on va pouvoir avoir sur son CV un stage.

Par exemple dans des serres. Du coup après ça sera plus facile de se faire employer parce qu’on aura montré qu’on pouvait travailler quelque temps. Cela dit les stages, s’ils ne sont pas rémunérés…

Myriam : Ce n’est pas rémunéré. Donc après l’objectif effectivement, dans les serres de tomate, un stage n’a pas besoin d’être très long. Ça peut être très court. Simplement pour juste soi-même voir si ça peut nous plaire. Et puis sur le CV avoir une expérience.

Ce que j’observe souvent : c’est que les jeunes qui ont fait un stage dans une entreprise, si l’employeur a besoin de quelqu’un, il va prendre en priorité la personne qui est passée chez lui et qui a fait son stage. Si ça s’est bien passé, la personne a déjà ses repères et donc ça favorise aussi une embauche. Après selon les secteurs, il n’y a pas besoin de faire des stages très longs, ça n’a pas trop de sens, parce qu’après c’est de l’emploi…

Katell : Tout le monde ne rêve pas non plus de travailler dans les serres de tomate. C’est juste un exemple. Quand on ne sait pas du tout ce qu’on veut faire, qu’on ait, admettons, juste un bac en poche ou même pas, est-ce qu’on peut avoir un accompagnement pour réfléchir à ce qu’on va faire de sa vie ?

Myriam : Oui, bien sûr. Si on est en réflexion par rapport à ça, nous on accompagne en permettant aux personnes de… ça peut passer par des visites d’entreprises pour aller voir dans les lieux. Parce que parfois on a une idée, on s’imagine des choses, et sur le terrain on se rend compte que ce n’est pas comme on l’imaginait.

Katell : Le travail fait peur ?

Myriam : Il peut faire peur. Surtout pour des jeunes qui n’ont pas eu dans leur parcours de stage. Quand on est passé par des filières professionnelles, on a été en stage et c’est différent. Mais quand on a fait un bac général ou quand on est allé à l’université par exemple, parfois on n’a pas toujours eu un boulot d’été, on n’a pas toujours eu un boulot d’étudiant. La première fois en entreprise, il y a un petit temps d’inquiétude qui peut exister pour certains.

Katell : Des étudiants viennent à la mission locale ?

Myriam : Alors, ils viennent quand ils ont terminé leurs études. S’ils sont encore étudiants on ne les accueille pas. Il y a des structures spécifiques pour les étudiants. On les voit nous quand ils ont arrêté la fac. Diplômés ou non.

Katell : Ils sont plutôt diplômés plutôt pas diplômés ?

Myriam : Il y a les deux.

Katell : Leur diplôme ne leur permet pas de trouver du travail ?

Myriam : Pas toujours. L’autre jour j’ai reçu un jeune qui a un bac+3, une licence en breton. Il faudrait qu’il poursuive s’il voulait vraiment enseigner. La porte pour lui serait d’enseigner dans des écoles en breton mais ce n’est pas forcément son souhait. Il veut devenir brasseur de bière. Il a jamais travaillé. Là on travaille ensemble sur la découverte de l’entreprise, la découverte du métier de brasseurs de bière, les formations qui existent.

Katell : Il est possible qu’il doive faire une formation complémentaire à sa licence.

Myriam : Il a une licence en breton. Pour être brasseur c’est…

Katell : Il fera de la bière bretonne !

Myriam : L’idée c’est qu’il aille faire ce qu’on appelle des enquêtes métier. C’est-à-dire aller à la rencontre de brasseurs. Voir des petites brasseries artisanales et des grandes brasseries. Poser des questions sur comment devient brasseur ou comment ça marche une brasserie. Quelle qualification quelle formation il faut avoir.

Katell : Il pourra monter son entreprise ?

Myriam : Il pourrait. Il imagine au départ qu’il serait bien salarié. Et peut-être un jour monter son entreprise.

trouver un job

Katell : Vous donnez un accompagnement à la création d’entreprise ?

Myriam : Oui parce qu’on a beaucoup de jeunes qui nous posent cette question, qui veulent créer leur entreprise. Certains veulent créer leur commerce, d’autres veulent s’installer. Je pense à une coiffeuse qui veut s’installer à son compte. Un jeune menuisier qui veut construire des Tiny House : des petites maisons en bois qui peuvent être déplacés. Beaucoup de jeunes ont des idées, des envies et voudrait bien être leur propre patron et créer leur boîte. On les accompagne là-dessus avec des partenaires : la boutique de gestion, la chambre de Commerce et d’industrie et on les accompagne sur toutes les étapes de la création d’entreprise.

Katell : Pour ceux qui voudraient faire une formation complémentaire, il existe des formations qui ne durent pas un an, qui ne durent que quelques semaines et qui donnent des compétences suffisantes pour trouver un travail ? Des formations très très courtes ?

Myriam : Oui, sur 4, 5 mois. En dessous, des formations qui sont qualifiantes, je n’en ai pas en tête. Ou ce sont des compléments à des formations qu’on a déjà. Mais sur 4, 5 mois on peut imaginer de se former à agent de la sécurité par exemple, conducteur routier. Ça peut être des formations en logistique, des formations dans le nettoyage, des formations de crêpier, dans la restauration. Oui, il y a pas mal de formations qui existent quand même.

Katell : Quand on rentre dans ces circuits, peut-on avoir des aides financières régulières ?

Myriam : Oui. Il faut savoir que les conseils régionaux financent les formations, un grand catalogue de formation. Pendant ces formations les jeunes peuvent être rémunérés. Soit ils ont droit à des allocations chômage par le biais de Pole emploi. Mais s’ils n’ont pas travaillé qu’ils n’ont pas ouvert de droit ils peuvent avoir une rémunération de la région Bretagne. Ce qui permet de faire la formation de manière assez confortable. Pour avoir un minimum pour vivre, se loger et étudier en même temps.

Katell : C’est de quel niveau, quel montant ?

Myriam : Ça va de 390 € minimum par mois à 930 € quand c’est financé par la région. Sur la durée de la formation. Les formations peuvent aller jusqu’à un an.

Katell : Donc ça reste des formations sur une durée supportable si on n’aime pas trop l’école, si on n’a pas gardé un bon souvenir et qu’on n’a pas envie de repasser des heures sur des bancs. Ce sont des formations aussi un peu concrètes ?

Myriam : C’est ce que j’allais dire, parce qu’on accueille des jeunes qui sont parfois un peu fâché avec l’école. Ils n’ont pas du toute envie de retrouver le système scolaire tel qu’ils n’ont connu. On les rassure en leur disant que les formations pour adultes sont très différentes.

Elles sont comme tu dis concrètes. On va à l’essentiel, aux matières professionnelles. Ce sont de petits groupes de 12 à 15 personnes. Ce sont des formateurs et plus des enseignants. Ce sont vraiment des gens de terrain qui ont exercé souvent le métier. Il y a aussi des périodes de stage on va mettre en pratique ses connaissances, ce qu’on a appris. Généralement les jeunes s’y retrouvent très bien. Et puis ils savent qu’au bout de quelques mois ils auront un métier en poche qu’ils vont pouvoir exercer, donc ça vaut le coup ! Alors que souvent quand le parcours scolaire a été chaotique ou difficile, ça se passe bien dans ces formations là.

Katell : Sur le nombre de jeunes qui viennent à la Mission locale pour construire un projet professionnel, ou trouver du travail, quel est le pourcentage qui ressort avec un contrat de travail?

Myriam : Je n’ai pas les chiffres en tête mais quand même globalement, c’est plutôt positif. Plus de la moitié, peut-être les deux tiers.

Katell : c’est encourageant !

Myriam : Oui, c’est encourageant. Après, des fois on ne trouve pas toujours tout de suite un boulot qui nous plaît ou des conditions de travail qui nous satisfont. Mais c’est un premier emploi qui permet d’avoir de l’expérience. Et après quand on a de l’expérience, on a plus d’assurance, on a plus de confiance en soi, on donne un peu plus confiance aux employeurs aussi. Donc on peut se permettre après d’être un peu plus exigeant sur les boulots qu’on va trouver. Dans sa tête on progresse sur ce qu’on veut et ce que l’on ne veut pas. On a plus de facilité à convaincre un employeur quand on sait ce qu’on veut.

Katell : merci beaucoup Myriam pour toutes ces informations.


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.