Pourquoi as-tu une chance sur deux de rater ta première année d’études?

Publié par katell le

Quand tu commences ton année, et que tu découvres ces statistiques, tu peux avoir peur de rater ta licence. Ah bon? La fac aussi c’est difficile?

Bien sûr, on ne donne pas la licence à tout le monde, comme ça, par pure générosité. Mais si connais les causes de l’échec, tu pourras l’éviter et si tu échoues, mon article contribuera à te déculpabiliser. Il se peut même qu’il t’aide à faire mieux l’année prochaine 😉

Les chiffres sont impitoyables: 53% des étudiants “seulement” parviennent en L2 au bout d’une ou deux années de fac. Voilà un des arguments massue qui ont conduit les technocrates de l’enseignement secondaire et supérieur à cette invention maléfique d’abord nommée APB puis Parcoursup, et plus globalement à la tant décriée loi ORE.

parcoursup

Ben oui, tes redoublements et autres tergiversations coûtent bonbon à l’Etat. Il s’agit donc de prendre le “problème” au sérieux: trouver les causes, inventer des solutions pour faire des économies.

Les causes les plus évidentes sont les suivantes:

1. Tu n’avais pas le niveau requis pour suivre les cours dans la filière que tu as choisi. Alors tu te décourages.

2. Tu ne le savais pas au départ, mais en fait tu t’es rendu compte que ce domaine ne t’intéresse pas du tout, ou pas assez.

3. La troisième est liée à ton lâchage sans parachute dans l’abîme vertigineux de la vie estudiantine

Sans accompagnement tu as toutes les chances de te perdre dans les méandres administratifs, de sécher les cours du matin, de te décourager quand les partiels te tombent dessus alors que tu te remets à peine des 5 exposés collectifs que tu as terminé tout seul en un week-end parce que les autres cuvaient leurs dernières soirées.

rater ses études

Alors qu’une bonne orientation doublée de quelques cours de rattrapage scolaire et d’un tutorat bien pensé pourrait te mener à la réussite!

C’est pas faux.

Smile

Mais ce n’est pas vrai non plus

Tout d’abord le phénomène est-il vraiment si important?

Les chiffres, extrêmement stables depuis les années 1970 montrent qu’un tiers des étudiants abandonnent leur licence dès la première année

Tandis que 41% obtiennent leur licence au bout de 3 ou 4 années. Le taux d’abandon dans les classes préparatoires aux grandes écoles est similaire: 33% en 2008.

Que deviennent les étudiants qui ne vont pas au bout de leur diplôme?

abandonner ses études

On ne le sait pas réellement. Ce qui est certain, est qu’une portion importante de ces soi-disant échecs sont dus à des entrées dans d’autres formations, plus sélectives, telles que les prépas, les grandes écoles, écoles privées, BTS et tout ce qui n’est accessible que sur concours. Une autre part de ces jeunes bacheliers s’offrent une année de césure, au cours de laquelle ils prennent le temps de se découvrir dans l’action: bénévolat, service civique, expatriation, travail salarié. Ils reviennent ensuite vers les études ou se lancent directement dans la vie active. Enfin, quelques uns restent plusieurs années à tourner en rond chez leurs parents, sans rien oser entreprendre.

Pour revenir à notre inventaire des causes, ça nous en fait trois de plus

Si pour les statistiques tu as raté ta licence ou ta prépa, c’est aussi parce que:

4. Tu es entré dans une autre formation

5. Tu as décidé de prendre une ou deux années pour découvrir le monde et te connaître mieux.

6. Tu travailles pour gagner ta vie, et tu as fais une croix sur les études momentanément ou pas,  par choix ou non.

Faut-il incriminer l’université?

Pas vraiment. Ou tout au moins, pas l’université française qui se situe bien par rapport aux pays de l’OCDE. Pour l’ensemble de ces pays, 30% des étudiants n’obtiennent pas de diplôme dans le supérieur. Contre 20% pour la France, qui se trouve 4e sur 25. Pour info aux Etats-Unis et en Italie, ce sont 65% et 70% des étudiants qui ne parviennent pas à terminer leurs études.

Winking smile

Sans doute peut-on améliorer les conditions de travail et les méthodes pédagogiques. Néanmoins, il semble qu’une cause essentielle soit inamovible. Se peut-il, cher lecteur, que les errements des jeunes bacheliers ne soient pas dus à des défauts du système d’éducation, pas plus qu’à leur irresponsabilité d’adulescents (Ce serait une espèce hybride entre l’adulte et l’adolescent, un genre de mutation génétique de l’espèce étudiante finalement )?

Se peut-il que finalement,  tes hésitations, tes redoublements, tes tergiversations soient tout à fait normaux, inévitables, voire indispensables?

C’est en tout cas ce que pensent deux auteurs québécois, Isabelle Falardeau et Roland Roy, avec lesquels je me sens assez en phase. Lesquels ont commis un ouvrage à destination des jeunes en quête d’orientation sous le titre “S’orienter malgré l’indécision”.

Et donc cette dernière cause qui en réalité est la première, n’est autre que l’INDECISION!!!

rater sa licence

7. L’indécision vocationnelle

L’indécision vocationnelle est une caractéristique phare du processus d’orientation. Tout ceci est extrêmement logique. Si l’orientation est un processus qui mène à choisir un domaine d’étude ou une profession, toute la période de réflexion, de recherche, de construction et d’analyse des informations nécessaires à la réflexion qui précède ce choix est OBLIGATOIREMENT marqué par l’incertitude et l’indécision. CQFD.

Or ce processus prend un temps variable pour chaque individu. Il est parfaitement illusoire d’attendre de la majorité des lycéens, comme des bacheliers, qu’ils soient en mesure de poser des choix définitifs alors qu’ils n’ont pour la plupart d’entre eux qu’une vague idée de l’adulte qu’ils voudraient être. Et encore moins de celui qu’ils pourraient être. Parce qu’en tant qu’adultes ils ne se connaissent pas. Ils n’ont jamais été suffisamment libres et autonomes pour cela. De plus l’école dans laquelle ils évoluent est un milieu extraordinairement contraint et infantilisant. Il ne serait donc pas raisonnable de croire que des choix d’orientations puissent être posés définitivement dans de telles conditions et à cet âge.

Donc, pas la peine de culpabiliser! Rater sa première année d’étude, et même parfois sa licence, ce n’est pas toujours faute d’avoir assez travaillé. Le problème est à chercher ailleurs: quand on sait ce qu’on veut, on trouve la motivation et l’énergie pour l’obtenir. Sinon…c’est dur!

Ce qui n’empêche que de temps en temps émergent des jeunes passionnés, focalisés sur un projet précis du genre: “je veux devenir pompier/docteur/musicien depuis mes cinq ans”, et qu’ils y parviennent! Pour eux l’entrée dans la vie adulte ne se confond pas avec la question de l’orientation, mais ils auront aussi à déterminer quel genre de musiciens ils seront, et surtout quel mode vie ils voudront se donner, car n’est-ce pas là l’enjeu majeur de l’orientation, bien au-delà du métier?

Si tu veux comprendre ce que sont, selon moi, les secrets d’une orientation réussie, je t’invite à télécharger gratuitement le livre que j’ai écris pour toi (formulaire sous l’article). En plus tu seras prévenu de la rédaction de mes prochains articles, dont “comment réussir sa première année d’étude” 😉

Enfin si tu veux savoir comment rater ses études peut devenir une chance, tu peux aussi te procurer l’ouvrage d’Olivier Roland “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

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