Pilote de chasse: un métier passion

Publié par katell le

Dans cet article je te résume le parcours de Marc Scheffler, pilote de chasse et écrivain. A partir de ce récit nous allons tenter de comprendre quels sont les secrets d’orientation qui l’ont mené à son métier. Mais d’ors et déjà, dis toi ceci: si tu veux réaliser quelque chose de difficile et que tu es passionné, commence! Commence le plus tôt possible. En voyant tes efforts, tes profs, tes amis, ta famille te soutiendront. Quand les gens voient quelqu’un se démener pour réaliser quelque chose qui compte très fort pour lui, ils ont souvent envie de l’aider. Aide-toi et le ciel t’aidera!

 

devenir pilote de chasse

 

Marc Scheffler est lieutenant-colonel dans l’armée de l’air. Il est pilote de Mirage 2000. Comment en est-il arrivé là?

C’est un rêve de gosse. Il a cinq ans. Il ne vient pas d’une famille de militaire, ni de pilotes. Mais un de ses oncles travaille dans une usine allemande à la construction d’un Tornado, un avion de combat mis en service dans les années 1980.

A chaque fois qu’il l’entend parler de son métier, Marc est fasciné. Un jour il l’emmène visiter son usine. Il lui montre des photos. Il lui fait le récit des capacités extraordinaire de cet avion. La puissance du réacteur, sa vitesse, l’altitude invraisemblable à laquelle il peut voler: 15 000 mètres!

Le gamin grandit, lit des magazines d’aéronautiques, il regarde à la télé “les Têtes brûlées”, une série qui relate les exploits d’aviateurs durant la guerre du Pacifique.

Marc est un élève moyen. Il ne fait pas d’efforts particuliers pour briller à l’école. Il n’est pas très doué pour les mathématiques.  Mais il veut devenir pilote.

A la fin de son année de 1eS, l’avis du conseil de classe tombe: il ne peut pas aller en terminale C, trop faible en maths. On lui propose la terminale D. Le rêve de Marc pourrait bien s’achever là. Pour avoir une chance de devenir pilote, il faut qu’il aille en classe préparatoire, et pour y être admis, il lui faut un bac C.

Il n’a vraiment aucune facilité pour les maths. Il doute. Veut-il vraiment devenir pilote? En est-il capable?

Ses parents le soutiennent. Sa mère l’inscrit dans un aéroclub pour qu’il vérifie si le pilotage peut vraiment lui plaire. Il y rencontre un instructeur issu de l’armée de l’air. L’homme lui apprend la rigueur, et ça lui convient. Il prend plaisir à piloter en double le petit avion HR200. Prendre de la hauteur, voir la terre depuis le ciel, s’affranchir des routes, il adore ça!

devenir pilote

 

C’est le déclic. Il demande de redoubler sa classe de première S . Dès la rentrée il se met à travailler d’arrache-pied. En les revoyant, il comprend mieux les cours qu’il n’avait pas compris l’année précédente. Il est troisième de sa classe: les résultats l’encouragent, il travaille encore plus.

Arrive “le jour du lâcher”, à l’aéroclub: la première fois où il vole seul. Il est sans filet, il n’a personne pour récupérer ses erreurs. Tout se passe bien et il prend énormément confiance en lui. Il se dit qu’il est peut-être fait pour ce métier: il peut le faire!

A la fin de sa terminale C, Marc attend les résultats du concours de l’école des pupilles de l’air. Il existe plusieurs voies pour devenir pilote. Il a choisi la plus exigeante, celle qui peut lui permettre d’accéder à des responsabilités d’officier. Sauf qu’il se trouve sur liste d’attente.

Cependant la chance est avec lui, et à la rentrée suivante il intègre la classe préparatoire de l’armée de l’air. Il quitte le cocon familial pour cet internat militaire. L’environnement assez strict est propice aux études. Il y rencontre ceux qui deviendront ses amis pour toujours, tous tirés par le même idéal: l’entraide, la cohésion. Pourtant ce n’est pas si facile. Marc est bon en physique, en langues, en matières littéraires. Mais le programme comporte une grosse part de mathématiques. Il doit s’accrocher. Ses profs croient en lui malgré ses difficultés. Des regards très importants qui l’aident à ne rien lâcher.

“L’image qu’on vous renvoie, la confiance qu’on place en vous, c’est essentiel.”

confie t-il à Pauline, dans une interview que je vous conseille d’écouter sur le blog Le gratin

Au bout de 3 ans, il réussit le concours de l’école de l’air. Il y entre comme élève officier du personnel naviguant. Rien ne dit encore qu’il sera pilote de chasse. De nombreuses autres spécialités existent. La sélection est extrêmement sévère. Pour autant tout ceux qu’il a rencontré là-bas sont très contents de la spécialité dans laquelle ils se sont formés.

Marc apprend à voler sur un avion de voltige. Les exercices sont très sélectifs. Ne deviendront pilotes que ceux qui peuvent assimiler et restituer très vite les figures enseignées.

 “ceux qui échouent sont ceux qui se démotivent”

D’autres, très doués, réussissent tout facilement. Ils sont peu nombreux. Marc, lui, doit travailler. Mais ça marche, parce qu’il est passionné. “C’est un métier passion”

Un autre type d’élèves, les têtes brûlées, qui prennent des risques inconsidérés ou ne suivent pas précisément les consignes, sont éliminés en cours de formation.

Le jeune pilote progresse, et prend encore plus confiance en lui. Trop. Un jour il manque de s’écraser en planeur. Il apprend qu’il doit se méfier de lui-même. Il ne doit pas relâcher sa vigilance, respecter les règles.

Il apprend pourtant à pousser un avion à ses limites jusqu’à en perdre le contrôle, pour le reprendre ensuite. L’entraînement le conduit ainsi à passer plusieurs phases psychologiques, à dépasser ses peurs. Voler à 1 mètre les uns des autres, effectuer des ravitaillements en vol par exemple.

Un jour le moteur de son Mirage s’éteint en vol, en plein combat aérien!

L’adrénaline monte, le temps s’arrête. Il vérifie trois fois en 40 secondes la procédure de redémarrage du moteur. Il n’a pas le droit à l’erreur. Son cerveau tourne très rapidement. Il a derrière lui sept années de formation où il a créé des réflexes, des routines pour pouvoir agir vite.

Comment sait-on qu’on peut devenir pilote de chasse?

Le moment est venu pour nous de découvrir et révéler les secrets d’orientation de Marc Scheffler. Quand et comment a t-il su qu’il s’orienterait vers cette carrière de pilote? Quels ont été les éléments décisifs pour son orientation scolaire et professionnelle?

Le premier élément qui saute aux yeux dans le cas de Marc est sa passion pour l’aéronautique.

C’est elle qui va le guider et l’aider à surmonter les obstacles; Dans le cas d’un métier aussi difficile d’accès, aussi sélectif, la passion est en effet un élément déterminant. C’est probablement le cas de tout les sports de haut niveau, de tous les métiers qui demandent un investissement physique et mental important, exigeant rigueur, sang-froid, courage et persévérance. Ces qualités ne sont pas innées. Elles s’acquièrent avec la passion et la pratique de cette passion.

Mais ce que nous enseigne Marc, est que la passion ne suffit pas.

Il a besoin du soutien de son entourage. il a besoin de sentir qu’on croit dans ses capacités. L’entourage doit être assez bienveillant pour ne pas nous faire douter de nos choix dès que que nous rencontrons une difficulté.

Ensuite Il apprécie la rigueur de ses instructeurs, l’environnement un peu sévère mais très cadré de l’école militaire l’aide à se focaliser sur ses études. Se doter d’une organisation favorable au travail est un élément déterminant de la réussite.

Un autre point important est la vérification par l’action, par l’expérience.

Il s’agit de s’assurer qu’on idéalise pas trop un métier. Pour cela Marc apprend a piloter un petit avion de tourisme pendant ses années de lycée. Le contact avec l’instructeur qui est un ancien militaire est assez bon pour qu’il se dise que l’armée pourrait lui convenir. C’est pour cela que l’on conseille souvent aux étudiants de faire au moins des stages de découverte avant de choisir un métier. Mais là, Marc ne s’est pas contenté d’un stage de découverte. Il est allé beaucoup plus loin, puisqu’il s’est initié au pilotage. Il a agi, il a affronté la peur de voler tout seul.

La confiance en soi se construit.

Elle n’est pas innée.On parle beaucoup de la confiance en soi comme d’une qualité qu’il faudrait avoir pour réussir sa vie. Mais en écoutant Marc Scheffler, on comprend très bien que la confiance en lui, il l’a acquise en se confrontant à ses peurs et en cherchant le soutien de son entourage. La confiance en soi se développe quand on agit et quand on trouve des gens pour nous encourager.

 

Enfin le dernier ingrédient visible de cette réussite, c’est le travail, la persévérance.

A chaque étape de sa formation, au lycée, en classe préparatoire, et à l’école de l’air, Marc a du beaucoup travailler, et ce d’autant plus qu’il n’était pas bon en mathématique, une matière pourtant essentielle pour devenir pilote de chasse! Dans le fond c’est assez rassurant, si tu veux accéder à un métier qui comporte des maths, et que tu n’es pas naturellement doué pour cette matière, tu peux quand même t’en sortir à condition de travailler beaucoup!

Voilà, nous en avons terminé avec l’étude de ce cas.

Nous avons trouvé 6 secrets d’orientation particulièrement précieux:

  1. La passion
  2. la force de l’entourage
  3. S’organiser pour réussir
  4. La vérification par l’expérience, que l’on peut vraiment aimer un métier
  5. Le développement de la confiance en soi qui découle de l’action et des encouragements
  6. Le travail, la persévérance

Pour aller plus loin, tu peux lire ces deux livres où Marc Scheffler raconte son expérience de pilote de chasse : La naissance d’un pilote et La guerre vue du ciel.

 


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

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