Le problème du choix et de la dispersion

Publié par katell le

J’aime beaucoup de choses. Je m’intéresse non pas à tout mais quand même à de nombreux domaines. La musique me procure du plaisir.

D’ailleurs je vais faire une petite pause dans mon écriture pour répéter un peu.

Alors que j’ai à peine écrit trois lignes de ce texte…

Si je ne joue pas de piano, au lieu de poursuivre ma rédaction je peux aussi regarder une vidéo sur la dispersion. J’en trouverai bien une pour me donner des idées et de la profondeur à ma réflexion. La bonne excuse!

Mais voilà que YouTube me propose le dernier épisode de LouanneManShow, ne me demande pas pourquoi je l’adore… Je vais te le dire quand même, non pas maintenant, ce n’est pas le sujet!

Et voilà, c’est tout le temps comme cela. D’un côté, trop de choses m’intéressent et je veux toutes les goûter: le piano, le sport, blogguer, tourner des vidéos, voir des amis, et …gagner ma vie!

De l’autre, la dispersion, la déconcentration me guettent entre les réseaux sociaux qui m’interpellent de tous côtés dès que je me connecte à internet, et les milles idées qui me trottent dans la tête!

Si tout ces choix sont possibles, c’est aussi parce que nous vivons dans une société d’abondance.

Parfois je rêverai presque d’être un petit gardien de chèvre dans le désert Malien. D’ailleurs mon désert à moi, c’est l’océan. J’adore naviguer, et là il s’agit d’une véritable passion. En traversée, pas de sollicitations non désirées. Les seuls visiteurs intempestifs sont les habitants de l’océans: oiseaux marins, dauphins, baleines. Une seule visite de l’un d’entre eux suffit à remplir ta journée. Tu vis au rythme lent du déplacement de ton voilier, à 10, 15 km/h max. Le paysage varie dans ses détails: la forme des vagues, la couleur du ciel et des nuages. Mais rien de brutal, pas d’affiches grand format pour te boucher l’horizon et te donner envie de ce que tu n’as pas. Du coup tu peux lire et rester concentrée.

concentration

Mais pour se retrouver au milieu d’un océan sur un bateau, il faut avoir posé au préalable une série de choix.

Je ne te parle pas d’un simple choix de vacances, comme vais-je au ski cet hiver ou bien à Londres à Pâques?

Non, car pour apprécier une traversée océanique, cela suppose d’avoir déjà une expérience nautique suffisante, disposer de temps, être prêt à ne pas arriver pile poil le jour choisi à l’endroit voulu. Parfois à changer de destination selon les caprices de la météo ou d’une avarie soudaine. Tu dois aussi trouver ou préparer un bateau en bon état, équipé pour cette sorte de navigation.

Toutes sortes de critères qui indiquent que tu as déjà consacré beaucoup de temps à cette pratique. L’expérience accumulée te permet alors d’aller plus loin, de repousser les limites de ton plaisir.

Là tu dois te demander où je veux en venir.

A la problématique du choix.

Choisir c’est renoncer.

Au lieu de naviguer et de devenir psychologue j’aurai pu apprendre quantité d’autres choses. Devenir une bonne musicienne par exemple. Ou cinéaste. Ou écrivain. Ou astronome, ébéniste, neurologue…autant de métiers ou de centres d’intérêts que j’aurai aimé développer plus que je ne l’ai fait jusqu’à présent.

Ai-je fait les bons choix?

Si je regarde en arrière, que je pense à tous les voyages en bateau que j’ai réalisé, dont un tour du monde et à tous les gens que j’ai aidé à reprendre les commandes de leur vie, alors là, oui! Bien sûr que ça valait le coup! Mais je ne peux pas dire si c’étaient les bons choix. Je ne crois pas qu’il y ait de bons choix.

A différents moments de ton parcours scolaire et universitaire on te demande de décider de ton avenir.

Certaines décisions t’engagent dans des voies qui en excluent d’autres. En réalité, toutes les décisions amènent à des renoncements, même si tu n’en as pas toujours conscience.

Beaucoup de lycéens choisissent la voie générale puis les sciences “pour ne se fermer aucune porte” et retarder le plus possible l’heure du choix.

Mais ils se sont déjà coupés de la voie professionnelle. Tout le système va les happer vers les études dites “supérieures”. Les algorithmes de Parcoursup, les profs réunis en conseil de classe, les conseillers d’orientation les pousseront vers les filières conçues pour les bacheliers issus de la voie classique. “Tu as les capacités pour entrer à l’université, ou dans telle école, alors te dira t-on, ne les gâche pas en faisant des études trop courtes”.

Donc si tu ne choisis pas ton orientation, d’autres sont prêts à s’en charger.

Ce sera pareil pour ta vie amoureuse. Si tu ne t’arrêtes pas sur une femme ou un homme avec qui tu te sens bien, parce que peut-être tu trouverais mieux ailleurs, tu risques de papillonner longtemps pendant que d’autres en sont déjà à fonder une famille.

Pourquoi pas?

Tant que tu n’es pas prêt à t’engager tu peux essayer différents partenaires, étudier dans des domaines variés et changer de sport ou de loisirs tous les ans.

Reste qu’il y a quand même quelques échéances. Gagner ta vie en est une. A un moment il va falloir t’y coller. Quitte à prendre un travail alimentaire, le temps d’en trouver un qui te plaise vraiment. Tes parents ne vont probablement pas accepter de te financer à glander. ou bien s’ils le font, ils ne te rendent pas forcément service. En effet, tu arrives à un moment de ta vie où tes capacités physiques et intellectuelles vont à leur maximum. Plus tard elles déclineront et tu ne pourras pas vivre aussi intensément sans te fatiguer beaucoup, ni apprendre de nouvelles choses avec autant de facilité. Ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter, de ne pas agir tout de suite!

Pour ce qui me concerne, j’ai une bonne nouvelle. Je n’ai QUE 46 ans. Ce qui veut dire que je peux apprendre encore beaucoup de choses et même m’offrir le luxe d’apprendre un nouveau métier si ça me fait plaisir. Ce ne sera peut-être pas aussi facile qu’à 20 ans, mais c’est possible. De plus je pourrai compenser les désavantages de l’âge avec ceux de l’expérience de la vie. Ou alors je peux approfondir les domaines que je connais. En réalité on se pose des questions d’orientation à différents moment de la vie. La seule chose qui compte, c’est de décider. Ensuite on peut encore changer de direction. Certes il est trop tard pour moi si je veux devenir astronaute ou golfeuse professionnelle, mais pour une fois je citerai le bon sens populaire qui dit:

“Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets!”

Je pourrais m’arrêter là, et te laisser réfléchir sur l’importance de choisir, et de t’accorder le droit de te tromper. Ce serait déjà un bel effort de ta part, et même un pas décisif vers l’action qui doit en découler.

A l’heure où j’écris je peux lire dans les forums sur l’orientation que certains, certaines, d’entre vous s’affolent parce qu’ils n’ont pas les notes suffisantes pour entrer dans la formation de leur choix.

Leur avenir se referme devant eux avant même qu’ils n’aient pu montrer de quoi ils étaient capables. La sélection est impitoyable. Ils n’auront pas leur chance. C’est injuste, surtout pour ceux qui ont eu des problèmes familiaux, des maladies, des périodes de démotivation dans leur scolarité. Evidemment, ces élèves-là ont de moins bons bulletins.

Seulement, il existe une multitude d’avenirs possibles. Certains métiers sont accessibles par des voies différentes. Si tu ne peux pas entrer par la porte, essaie la fenêtre!

De plus tu n’as pas exploré tous les possibles, forcément, c’est impossible… Tu ne peux pas imaginer tout ce que le monde a à t’offrir de découvertes, de nouveautés, de façon de vivre, d’aimer et de travailler. Dans ce joyeux bazar, il existe plus d’un métier qui pourrait te convenir pour la première partie de ta vie d’adulte. Il en existe beaucoup, et tu peux même en inventer.

Donc avant de te suicider parce qu’on ne veut pas de toi dans l’IUT de tes rêves, écoute les gens heureux témoigner de leurs vies.

Sur ce blog j’ai commencé à réunir quelques exemples de ces parcours, je t’explique même en détail comment t’en servir et où en trouver d’autres., Tu verras qu’ils n’ont pas tous, loin de là, des parcours rectilignes. Ils ont franchi des obstacles, ils ont douté, ils ont échoué, sont repartis. Ce qui donne envie de vivre en réalité, c’est d’essayer, pas de réussir. Réussir ça fait plaisir, ça donne confiance en soi, c’est génial. Mais une fois que tu as réussi, que fais tu?

Tu recommences, pardi!

Le chemin compte autant que la destination. La succession d’actions que tu mets en oeuvre vers ton objectif t’enrichit, te fais grandir. Et quand tu es au sommet d’une montagne, tu regardes avec envie le sommet voisin qui est plus haut. C’est ton prochain challenge. Et s’il n’est pas accessible, tu en essaieras un autre.

Pour finir, dis-moi en commentaire quelle est ta prochaine montagne, ton prochain objectif. rien que de l’écrire, ça va te motiver!


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

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