La liberté, le bateau et le temps du voyage

Publié par katell le

Cet article participe à l’événement interblogueurs “Pourquoi voyager c’est se sentir vivant” organisé par le blog Grainedevagabonds dont j’apprécie particulièrement cet article sur la mobilité internationale des jeunes. Si tu aimes cet article, partage- le, ça nous aidera à faire connaître ce blog .

Au moment où je rédige cet article, je reviens d’une ballade (non pas d’un voyage, vous êtes méga déçus, là?) dans les Abers , sur la côte nord du Finistère. L’endroit est magnifique. Le Finistère est mon port d’attache. Brest plus exactement. Cet après-midi j’avais rendez-vous avec le propriétaire d’un voilier de voyage de 11 mètres. Il vend son voilier, avec beaucoup de travaux de rénovations à prévoir, et je me demande si je vais l’acheter.

Ce dont je suis certaine par contre, est que le voyage en bateau est inscrit dans mon ADN comme une nécessité vitale. Si je reste trop longtemps à terre, sans traversées en perspective, même courtes, je déprime. La vie me paraît alors terne et routinière. Pourtant j’ai un métier intéressant, des amis, une famille, des conditions de vie agréables.

La vie sédentaire est cyclique

la vie est cyclique

Les journées, les semaines, les saisons reviennent avec les mêmes tâches à réaliser, les mêmes périodes de fête, de travail tendu, de vacances. Les gens se plaignent des mêmes problèmes: les partiels approchent, la bourse va mal, les couples se déchirent, la planète se réchauffe, le petit dernier à mal aux dents.

Quand tu travailles, tu donnes un certain nombre d’heures chaque jour à ton patron, tes clients. Tu as des engagements, des rendez-vous, un prêt à rembourser chaque mois. C’est le prix que tu paies pour le confort et la sécurité de nos vies occidentales.

J’ai commencé à naviguer à l’âge de 17 ans. Chaque été je suis partie environ deux mois, vers l’Islande, la Norvège, L’irlande, l”Ecosse, Le Danemark, l’Espagne, Le Portugal et les Açores. Je suis même partie deux ans autour du monde. Polynésie, Pacifique. Entre 35 et 45 ans, les aléas de la vie m’ont privée de bateau.

Pour autant je ne me suis pas ennuyée. J’ai voyagé là où je ne pouvais pas me rendre en bateau. Les endroits ne manquent pas. En avion, train, voiture. Cependant, de mon point de vue cela tenait plus des vacances que du voyage.

Mais alors qu’est-ce que voyager? Qu’est-ce qui ferait la différence entre de “simples” vacances et un “vrai voyage”?

De mon point de vue, il s’agit de l’incroyable sensation de liberté que tu éprouves quand tu largues les amarres pour plusieurs mois, avec un itinéraire qui laisse la part belle aux imprévus. Quand tu te trouves pour un temps assez long, et si possible aussi long que tu le voudrais, dans un lieu où tu n’as aucun engagement, aucune obligation vis-à-vis de l’extérieur.

Tu fais ce que tu veux. Quand tu veux. Avec qui tu veux. Tu vas où tu veux!

Bien sûr tu respectes les lois, la nature, la météo, tu ne fais pas n’importe quoi. Mais les obligations qui alourdissaient chacun de tes jours à terre ont disparu. Du moins sont-elles suspendues pour longtemps. La liberté se conjugue avec le temps du voyage.

Pas d’agenda, ni de montre. Tu te donnes le temps d’accueillir l’instant, les gens, les bruits, les odeurs, les invitations qui surgissent simplement parce que tu es disponible. Dans cet état d’esprit tu te redécouvres. Tu te mesures à l’immensité du monde, à la diversité de la nature et des êtres humains. Tu n’es plus grand chose, délesté de tes excès d’orgueil, de l’obligation de réussir.

Parfois tu dois travailler pendant ton voyage pour le financer. Tu sais que c’est provisoire. Tu le vois comme une opportunité de mieux découvrir la culture dans laquelle tu t’es invité. Ton choix n’était pas contraint. Dans ces conditions, même quand tu travailles, tu restes libre.

Ce dont je viens de parler n’est pas propre au voyage en bateau. N’importe quel moyen de transport peut te permettre de voyager. Le voyage, c’est du temps, peu de contraintes, de l’imprévu, de l’inconnu. Des ingrédients qui te font ressentir l’extraordinaire beauté du monde et toi comme partie de ce monde. Et là, en plus d’être libre tu te sens vivant! Au même titre que ces arbres, ces insectes dont tu découvre l’existence au fur et à mesure de ton exploration.

Quand tu reviens d’un tel voyage, tu n’es plus le même.

Tu as confiance. Tu es optimiste, positif. Tu as du recul sur ce qui t’entoure. Tu as emmagasiné tant de nouveauté qu’il te faudra des années pour en épuiser la saveur et la signification. Le monde brille de mille feux, mille promesses. Tu es prêt à te lancer dans des projets sédentaires s’il le faut, à t’engager. C’est d’ailleurs un excellent moyen de commencer ta vie d’adulte. Avant même de choisir un métier. Simplement parce qu’à ton retour tu te connais mieux, tu as mûri, tu sais ce que tu veux, tu sais ce que tu peux .

Tu as goûté de ta liberté.

Lorsque la cyclicité de ta vie te pèsera à nouveau, que ta vie te semblera lourde et trop prévisible, le temps sera venu de repartir. Un petit shoot de voyage? En attendant le grand départ, dis nous en commentaire où tu rêverais d’aller!

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katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

1 commentaire

Lucie&Johann · 24 janvier 2019 à 19 h 00 min

Top Katell merci pour ta participation. L’article récap arrive bientôt de notre coté ^^

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