Comment tirer parti des parcours inspirants

Publié par katell le

Les parcours inspirants sont très prisés par les médias, et pour cause, ils nous font souvent rêver. Ce sont souvent des histoires de gens ordinaires qui ont rencontrés des obstacles pas toujours ordinaires, mais qui les ont surmonté avec courage et réussite.

Ces témoignages donnent de l’espoir, ils montrent comment chacun peut faire des erreurs, hésiter, tourner en rond, parfois tomber malade, avant de trouver une voie qui lui corresponde.

Ils sont aussi une source d’inspiration pour toi qui ignore ce que tu veux devenir, car ils t’ouvrent des perspectives auxquelles tu n’aurais pas pensé tout seul.

Dans cet article je vais t’expliquer comment t’en servir pour booster ton orientation et où les trouver.

Avertissement: évite de te comparer aux héros des parcours inspirants!

Connais-tu Elyx? Ce petit personnage, profondément attachant a été créé par un artiste français, Yacine Ait Kaci surnommé Yak. Tu l’as forcément croisé sur Instagram!

Debout sur la tour Eiffel, assis sur un nuage, suspendu à un réverbère, Elyx fait le tour du monde et ses photos ont séduis le monde entier et fait la réputation de son inventeur.

Je n’ai pas trouvé d’image d’Elyx libre de droit, du coup j’ai fait ma propre photo pour te donner une idée.

l'orientation prend du temps

Sur le blog de la journaliste Anabelle Baudin, j’ai pu lire le récit de son parcours et une phrase m’a sauté aux yeux:

Dès sa prime enfance, Yacine a compris, que l’on est déterminé par sa différence et non par son point commun.”

Elle m’a sauté aux yeux comme une évidence.

Dans le cas de Yacine, c’est sa double appartenance culturelle, franco-algérienne qui lui a joué des tours à l’école. Il se sentait traité comme un étranger dans les deux pays. Et finalement il a créé Elyx, ce personnage qui est chez lui partout, semant la surprise et le sourire sur son passage.

Quand tu lis son interview, tu as  envie d’entrer aux Beaux-arts, et de comme lui d’inventer un univers imaginaire.

Et là une petite voix intérieure se met à ricaner dans ta tête et te dis: “ma pauvre fille (mon pauvre garçon), ce gars là a créé son entreprise, réalisé des films d’animation, c’est un surdoué! Laisse tomber, les Beaux-arts c’est le bon moyen de finir chômeuse ou vendeuse de cheesburgers.” Tu as aussi pas mal de chance que la petite voix intérieur soit doublée de celle de tes parents, super inquiets pour ton avenir.

Dans ce cas tu perds ton temps. Si à chaque fois que tu découvres un parcours inspirant tu commences par te comparer à son auteur, en creusant l’idée tu vas trouver probablement plus de différences que de points communs avec lui ou elle.

Alors que l’intérêt d’une telle lecture , c’est d’y trouver un encouragement, et d’y puiser des idées de mode vie et de métiers différents de ce que tu connais déjà.

De là tu peux te dire: tiens? On peut aussi faire comme ça!  Tu prends conscience que plusieurs chemins peuvent te mener à te réaliser.

Ce que tu réalises également, si tu prends le temps d’y réfléchir, petite tête Winking smile, c’est que si tu ne te retrouve jamais totalement dans ces témoignages, c’est bien que tu es différent. Non, mais radicalement différent!  Tu as ta façon a toi, et rien qu’à toi de rendre ta vie supportable, agréable même, malgré l’école (si tu n’aimes pas) et tout ce qui peut te déplaire au quotidien. Tu sais ce qui te fais du bien. Enfin, tu aurais intérêt à prendre le temps d’y penser.

Comme le suggère Yacine, cette différence, tu peux t’en servir pour construire ta vie. Tu peux l’inclure dans ton projet professionnel. D’une certaine manière, si tu veux être heureux, tu DOIS te servir de ta différence pour te réaliser. Ton chemin sera donc unique.

Un étudiant averti en vaut deux…ou presque!

Revenons à nos moutons. A part l’inspiration et l’encouragement que peux tu tirer de ces histoires? Est-ce que le récit des erreurs commises par d’autres avant toi peuvent t’éviter de les commettre à ton tour?

Rien n’est moins sûr. L’expérience ne se transmet pas vraiment. Certaines erreurs sont même nécessaires. Combien de collégiens cumulent allemand, anglais, latin pour s’apercevoir au lycée qu’ils auraient aimé faire de l’espagnol plutôt que du latin. Sans parler de l’allemand. Je n’ai rien contre ces langues, mais quel est le résultat à l’âge adulte? Quel est le pourcentage d’anciens germanistes et de latinistes qui soient capables de soutenir une conversation simple dans l’une ou l’autre de ces langues? Très faible certainement, mais de générations en générations, la maladie se transmet. La vérité est qu’on met souvent les meilleurs élèves dans ces classes, l’air de rien, avec l’espoir qu’ils se tirent tous vers le haut.

Il n’en reste pas moins que ces collégiens vont perdre beaucoup de temps. L’expérience de leurs parents ne leur sert pas. Les croyances sont plus fortes.

Certaines filières sont perçues comme prestigieuses. C’est le cas des classes préparatoires et des écoles d’ingénieurs par exemple. Seulement, il semble là encore qu’une proportion non négligeables de jeunes ingénieurs renoncent à exercer le métier pour lequel ils ont été formés.

Prenez Laurent Breillat, du blog Apprendre la photo. Il a obtenu son diplôme, mais au final il a choisi la photographie. Ou l’histoire d’Isabelle Huynh, 26 ans, qui devait s’ennuyer terriblement à développer des machines à café pour son entreprise. Il y a aussi l’histoire de Valentin qui a  plaqué son job à 27 ans sans savoir ce qu’il allait faire derrière. Moi-même j’en reçois de temps en temps à mon cabinet de psy.

Ce n’est pas l’apanage des études d’ingénieurs. Simplement, si tu es brillant dans un domaine scolaire, le système va t’inciter à poursuivre des études longues dans ce domaine, et à occuper un poste de cadre salarié. Sauf qu’être doué pour les maths n’exclut absolument pas qu’une autre discipline puisse mieux te convenir.  Voilà encore une erreur qui n’est pas facile à éviter. J’ai trouvé également l’histoire d’un jeune diplômé en management, Clément,  qui a balancé son costard pour devenir…jongleur!

Enfin si tu ne pourras pas éviter de reproduire toutes les galères de tes prédécesseurs, ces témoignages vont quand même te permettre de savoir à quels obstacles t’attendre. Ainsi tu pourras affiner ton projet, soit pour esquiver les pièges que tu auras repéré, soit pour te préparer aux inévitables difficultés. Il se peut aussi que tu t’aperçoives que tu n’es pas suffisamment attiré par une formation pour y déployer tous les efforts demandés.

Où trouver des parcours inspirants?

trouver l'inspiration

Plusieurs pistes s’offrent à toi, voici les plus évidentes:

 

  1. Tes proches, amis, famille, amis de la famille. La moitié des jeunes ne connaissent pas l’histoire de leurs parents. Pourtant ces récits sont extrêmement précieux. En plus de découvrir tes parents sous un angle que tu ne connaissais peut-être pas, ce partage va vous rapprocher et vous permettre de mieux cerner les enjeux de ton orientation. Vous pourrez vous comparer, mais aussi surtout vous différencier, et le dialogue en sera facilité. Au delà des parents, parmi les membres de ta famille se trouve peut-être des personnes dont le parcours t’intéresserait. Soit curieux, demande leur comment ils se sont débrouillé de leur orientation. Ont-ils réalisés leurs rêves?
  2. Tes stars, auteurs, acteurs, inventeurs, sportifs préférés. Ils sont source d’inspiration eux aussi, néanmoins, méfie toi: leurs biographies sont souvent modifiées pour plaire au public. Tu ne sauras pas toujours la vérité sur leur parcours. Un des entrepreneurs les plus cités en exemple au monde est Steve Jobs, le gars qui aurait fabriqué le premier Apple dans son garage, avec son copain Steve Wozniack. Une bande d’adolescents qui vivent la nuit et bricolent des ordinateurs dans leur garage. C’est très sympa, le rêve américain, tout ça. Seulement derrière il devait y avoir des circonstances très particulières. Sinon les nombreux Fablabs qui voient le jour dans les villes françaises auraient du faire naître de nouveaux inventeurs géniaux.
  3. Les médias: journaux, radio, livres, Internet, réseaux sociaux regorgent de témoignages et de biographies. Tu y trouveras notamment les témoignages d’infopreneurs, ces entrepreneurs du web qui vivent du savoir qu’ils vendent sur leur blog Winking smile
  4. Ma chaîne youtube, abonne toi si ce n’est déjà fait!

Je te propose ci-dessous quelques liens vers des sites ou des pages intéressants que je mettrai à jour suivant mes découvertes. Aide-moi s’il te plaît en ajoutant tes idées dans les commentaires sous l’article, je les intégrerai à la liste.

Et pour aller plus loin: L’histoire de Yacine cité au début de l’article et si tu veux en savoir plus sur Elyx, c’est par ici!


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

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