Comment devenir une coiffeuse exceptionnelle?

Publié par katell le

Dans cette vidéo, je te propose de rencontrer Aude : une coiffeuse exceptionnelle, artiste. Si tu hésites encore à devenir coiffeuse, son témoignage va sûrement t’inspirer. C’est parti ! Nous entrons dans la Cabane à couettes.

Transcription de la vidéo:

Aude est coiffeuse, mais pas n’importe quelle coiffeuse. Quand on arrive ici, on lit : la cabane à couettes. Mais qu’est-ce que la cabane à couettes ?

Aude : alors où c’est qu’on est ? Dans un endroit où on travaille avec des produits naturels. Là, aujourd’hui je vais faire une coloration végétale à Jeanne. Je vais lui appliquer plein de poudre tinctoriale sur les cheveux pour les colorer, leur faire du bien.

Katell : comment as-tu eu l’idée d’ouvrir ce salon ?

Aude : cela fait une vingtaine d’années que je suis coiffeuse. Il y a 10 ans j’ai eu envie, comme beaucoup autour de la petite trentaine. Un peu de maturité, j’étais devenu sage, j’avais envie d’ouvrir ma petite boîte. J’ai voulu faire quelque chose qui me ressemble le plus possible, à mon image.

Katell : c’est très très féminin. Quand on arrive on voit : mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche. Alors là, il y a marqué : « Coiffure hommes et dames ». C’est un mensonge ?

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Aude : non ! Il y en a quelques-uns qui osent rentrer. Mais c’est vrai qu’on a une clientèle quand même plus féminine. Ici les clients aiment quand même prendre plus leur temps et ces messieurs veulent avoir un rendez-vous immédiatement. Donc c’est vrai qu’on a une clientèle quand même beaucoup plus féminine. Et puis en végétal on passe pas mal de temps mine de rien en salon. Voilà, un univers plutôt féminin. Des enfants viennent aussi.

Katell: donc on ne vient pas seulement ici pour se faire colorer les cheveux, pour une coupe de cheveux. On vient pour se faire dorloter, chouchouter ?

Aude : voilà, c’est ça, les petits massages ! Ce n’est pas trop chaud, Jeanne ?

Jeanne : non, parfait. Parfait. (Rires)

Katell : tu me dis que tu as ouvert ce salon il y a quelques années, quand tu avais la trentaine. Qu’est-ce que tu faisais avant ?

Aude : j’ai eu un parcours assez classique. En cinquième je savais déjà ce que je voulais faire. J’avais cette chance là. Maintenant j’ai attendu un petit peu pour être sûr de mes choix. C’est quand même un métier qui s’avère assez difficile au niveau des horaires, la posture debout, des problèmes de jambes. Il y a des choses qui sont quand même à prendre dans ce métier. Tout n’est pas que paillettes !

Du coup j’ai attendu. Je devais être en seconde et là j’ai décidé vraiment de ne faire que ça. Donc je suis allé à Rennes où j’ai eu mon CAP. Je suis revenu sur Brest et après j’ai tourné autour d’une dizaine de salons pendant une dizaine d’années. J’ai bougé un petit peu partout en France. J’ai découvert différents types de salons. Ça allait du salon très bling-bling, du salon très classique, très chic. Aussi tout ce qui était salon de quartier, bref, je ne me retrouvais pas forcément dans ce modèle de salons de coiffure. Après j’ai travaillé pendant cinq ans avec une amie et la je faisais vraiment ce que je voulais. On avait toutes les deux la même façon de faire. On recherchait le côté alternatif de la coiffure.

Katell : c’est quoi, le côté alternatif de la coiffure ?

Aude : faire de la coiffure, mais pas que. C’est plus, ça va être une rencontre. Les gens ne viennent pas ici par hasard. Ils savent où ils arrivent. On va se retrouver un peu dans un milieu d’artistes. N’est-ce pas, Jeanne ?

Katell : qu’est-ce qui t’a donné l’idée, quand tu étais en cinquième, de devenir coiffeuse ?

Aude : mais quelle idée ! Drôle d’idée ! J’ai fait parti de celles et ceux qui ont fait un peu comme leurs parents, au début. J’ai suivi les traces de ma mère. Même si je n’ai pas forcément après interpréter la coiffure comme elle. Elle avait une façon quand même beaucoup plus classique, à mon goût, de faire son métier. Mais j’ai grandi dans le salon de coiffure de ma maman et c’est vrai qu’après j’ai voulu faire ça. J’ai mis pas mal de temps avant que mes parents veuillent que je fasse ça aussi. Ma mère ne voulait pas que je fasse son métier qu’elle trouvait très difficile. Pour ça elle a voulu attendre un petit peu que je sois un peu plus mature pour me lancer.

Katell : elle n’aimait pas ce qu’elle faisait ?

Aude : si, mais elle voyait plus, à un certain âge, les difficultés du métier. Elle avait peur que je regrette. Elle travaillait le week-end. On finit tard le soir. Voilà, il y a quand même plein de petites choses qui peuvent être difficiles dans notre profession. Et travailler le samedi.

Katell : toi, en tant qu’enfant, tu n’as pas souffert du fait que ta mère était occupée le samedi, était occupée le soir ?

Aude : non, pas tant. J’avais une maman qui a beaucoup travaillé quand même. Mais je ne souffrais pas de sa parce qu’elle était heureuse de faire ce qu’elle faisait et on profitait quand même beaucoup d’elle.

Katell : tu avais une belle image du travail ?

Aude : oui !

Katell : tu ne te disais pas : « c’est horrible ! »

Aude : non ! Moi je rentrais dans le salon de maman, bon j’étais un peu la fille de la coiffeuse. J’adorais ça ! Je retirais les petits rouleaux des petites clientes, je leur mettais le casque à mise en pli. Pour moi c’était ça, c’était une vocation. J’ai quand même baigné dedans. Même si je n’avais pas envie de faire de la même façon qu’elle. Au début, c’était quand même un peu toute ma vie ! Je voulais voyager grâce à la coiffure. Maintenant je suis quand même resté pas mal en France, mais j’avais envie de bouger avec mon métier. Après on a tous lors de rêves. On ne le sait peut-être pas encore, mais on n’en a tous. C’est vrai que ça faisait parti de ma vie très jeune.

Katell : on peut voyager en étant coiffeuse ?

Aude : bien sûr ! Avec un ciseau on peut aller partout.

Katell : tu l’as fait ?

Aude : non, je l’ai fait, mais en France. Je n’ai pas bougé à l’étranger. Il y a toujours eu cette barrière de la langue qui m’a freinée je pense.

Katell : tu connais des coiffeurs, des coiffeuses qui voyagent avec leur métier ?

Aude : oui, bien sûr ! J’ai des copines qui sont allées, bon ça va rester dans des grosses villes. À une époque je me souviens, j’ai des amies qui sont partis sur Barcelone, sur Londres. Elles y sont restées. Elles s’y sont plues, elles ont fait leur vie là-bas.

Katell : peux-tu me dire les avantages et les inconvénients du métier ? Et surtout d’avoir son salon, parce que quand même, ce n’est pas rien !

Aude : oui. Alors les avantages du métier : on a quand même un métier au niveau relationnel qui est fort. Qui est plutôt sympathique. Après, c’est vrai qu’ici on travaille avec des gens qu’on aime bien en général. On attire des gens un petit peu comme nous ici donc du coup il y a des discussions sympas. Au niveau relationnel c’est vraiment super. Après il faut aimer l’homme, il faut aimer l’humain, il faut aimer le cheveu, le poil.

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Katell : et la tambouille que tu fais, tu aimes bien aussi ?

Aude : ah oui ! La cuisine ! C’est vrai, le végétal c’est ça.

Katell : je vais essayer de faire un plan sur le saladier.

Aude et Katell :mmmmmhhhhh !

Aude : ah oui, ça on aime bien !

Katell : c’est du bio ? C’est du naturel ?

Aude : alors on va travailler avec des plantes. Des plantes tinctoriales, il y a beaucoup de henné dedans.

Katell : ce n’est pas du bio ?

Aude : on ne peut pas travailler avec du bio parce que la plupart des plantes qu’on utilise vienne la plupart du temps d’Afrique ou d’Inde. Le jour où le sol indien et le sol africain seront certifiés bio, ce n’est pas demain, on le sait tous. Ce n’est pas demain la veille. Par contre on travaille avec la nature.

Katell : tu t’es formée spécifiquement à ça, tu t’es spécialisée ?

Aude : avant d’ouvrir la cabane il y a six ans, j’ai rencontré plusieurs personnes. J’ai fait des stages avec Lisa. Après des stages de perfectionnement parce que ça évolue pas mal. Après on se forme un peu sur le tard, c’est au cas par cas qu’on apprend beaucoup. On explique bien au client que l’on démarre et qu’il peut y avoir des petits soucis de démarrage comme il y a eu. C’était assez rigolo. Sortir avec les cheveux très vers, mauve, rose, c’est véridique !

Katell : comme quoi tu n’as pas peur de te lancer, d’essayer, même si ce n’est pas parfait !

Aude : non, parce que je préfère… en végétal, quand on se plante sur la couleur, on va pouvoir rattraper le coup. Alors qu’en chimie, quand on travaille avec des produits chimiques, si on décolore trop le cheveu, on va pouvoir rattraper la couleur de la cliente mais il faut savoir qu’on lui aura sensibilisé énormément les cheveux. Alors que là on pourrait faire plein de couleurs l’une sur l’autre ce ne serait pas un problème.

Moi, je savais avant d’ouvrir mon salon que j’avais envie de travailler de cette façon-là. Je crois que ça ne s’invente pas. Il y a beaucoup de personnes qui travaillent en conventionnel depuis des années, des salons un petit peu plus classique. Quand je parle de conventionnel, je parle de coloration chimique, c’est vrai que ces personnes là ne sont pas prêtes à risquer, à travailler en végétal. Ils ont peur, ils ne connaissent par, il s’imagine que ça marche pas. Ils ne sont pas aventuriers. Et je pense qu’en végétal il faut avoir ce côté-là aventurier. C’est important, sinon ce n’est pas la peine.

Katell : est-ce qu’il y a quelque chose, un conseil que tu voudrais donner à des jeunes qui voudraient se lancer dans la coiffure aujourd’hui ?

Aude : soyez passionnés ! Aimez ce que vous faites ! Sinon changez tout de suite de travail. C’est vrai qu’il faut vraiment aimer, avant tout aimer les gens. Ce n’est pas tout de leur couper les cheveux. Je crois que quand on a quelques années derrière nous, maintenant ça fait 20 ans que je fais ce métier là. Je connais mon métier, enfin je pense que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Mais si je n’aimais pas mes clientes, je ne pourrais pas faire ça. Ce serait trop dur pour moi. J’ai besoin d’un échange. Je pense que la coupe de cheveux se fait autour de ça.

Si cet article t’a plu, tu aimeras peut-être lire les autres parcours inspirants, et si tu ne trouves pas les témoignages que tu cherches, n’hésite pas à m’en demander en commentaire, je chercherai pour toi 😉


katell

Psychologue et psychanalyste, je collabore depuis plusieurs années avec des conseillers d'orientation et des formateurs. J'ai aussi deux fils qui se demandent ce qu'ils feront à l'âge adulte. C'est pour eux que j'ai décidé de réunir mes connaissances sur ce blog, et finalement de les partager avec vous. Ensemble on va plus loin ;)

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