A propos

Comment je suis devenue “chercheuse en orientation”?

Quand j’étais petite, je voulais être astronaute. Puis la navette Challenger s’est désintégrée, causant la disparition de ses 7 passagers. A partir de là j’ai estimé qu’il serait plus sage d’observer l’espace depuis la Terre. J’ai commencé alors à m’intéresser à l’astronomie, à lire Hubert Reeves. Puis j’ai demandé un télescope à ma maman, qui m’a dit que ça coûtait bien trop cher

Espoirs, déceptions, nouveaux essais: l’orientation peut-être un parcours d’obstacle

Déçue je me suis intéressée un temps à la géologie, aux collections de pierres. Puis j’ai découvert à la télévision les famines en Afrique et l’action de médecins du monde. Alors j’ai décidé de devenir French doctor. J’ai passé un bac scientifique, et j’ai préparé le concours de médecine. Seulement il y a deux obstacles au moins que je n’avais pas prévus : la première était liée au cours d’anatomie. Quand on se passait des crânes et des fémurs luisant de cire en cours, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer à qui ils avaient appartenu. Et le pire était à venir : à ce moment là, en 2e année les étudiants pratiquaient la dissection sur des cadavres humains. L’épreuve me paraissait insurmontable, l’odeur de formol qui s’échappait du laboratoire d’anatomie me soulevait le cœur.

Un second obstacle est venu de ma passion grandissante pour la navigation. Mes parents m’avaient forcée à faire de la voile sur de petites embarcations instables. Puis à l’approche du bac, ma mère m’a offert un week-end de trois jours sur un voilier de croisière qui, contrairement à toutes mes expériences passées, m’avait enchantée. Son skipper cherchait à compléter un équipage de stagiaires pour un aller-retour en Espagne depuis Brest. Voyant mon intérêt, ma mère me proposa de m’offrir ce stage si j’obtenais mon bac. Ce fut une révélation. Traverser les océans sans rendre de compte à personne, perdre de vue la terre, guetter le souffle des dauphins, tracer sa position sur la carte, surveiller les feux des navires la nuit en mer, tout me plaisait.

La voile prit bientôt une place première dans ma vie, et ce fut presque par hasard que je découvris les cours de psychologie à l’université, alors que je m’apprêtais à me former comme skipper professionnel.

Des étoiles à l’océan, du corps au psychisme, l’orientation passe par l’exploration du monde et la découverte de soi.

25 ans plus tard, j’ai réalisé l’équivalent de deux tours du monde en distance à la voile. Je suis partie deux ans à travers les océans. J’ai emprunté le canal de Panama et passé le cap Horn. A terre je suis devenue psychologue puis psychanalyste. Je m’intéresse aux nouvelles technologies, à la musique. J’aime aussi randonner en montagne l’été. Et me voici à mon tour mère de deux jeunes gens qui se demandent ce qu’ils pourraient faire de leur vie future.

Une fois de plus je me rends compte que le système scolaire n’aide pas les élèves à décider efficacement de leur orientation.

Peut-être simplement parce que ça ne peut pas être son rôle. Peut-on à la fois sanctionner, noter, les performances scolaires d’un élève et l’accompagner sans parti pris dans la construction de son avenir ?

Vraiment je ne le crois pas. Et les faits sont accablants. L’orientation scolaire met une pression énorme sur des jeunes lycéens, parfois des collégiens, bien trop jeunes et immatures pour se projeter dans un emploi.

Ce qu’il faut bien comprendre est que le but premier, pas toujours avoué, des dispositifs officiels est de remplir les formations qui ont de la place, et de fournir de la main d’œuvre aux entreprises qui en ont besoin.

Qui à 20 ans peut rêver d’être ainsi un pion du système économique ? Comment s’étonner du manque d’enthousiasme de nombreux jeunes à l’idée de devoir travailler ?

Choisir une orientation professionnelle c’est poser les premières briques de sa vie d’adulte.

Or celle-ci ne peut pas se résumer à travailler pour faire fonctionner une économie.

Bien au-delà ce sont les aspirations de nos parents, les attentes de notre entourage, du milieu social dont nous sommes issus qui vont dessiner les grandes lignes de notre avenir. Pour faire vivre nos passions, nos plaisirs, nos rêves, nos idéaux, il faudra prendre conscience des pressions internes et externes qui s’exercent sur nous, et qui nous en éloignent. La question est bien trop complexe pour être confiée à des algorithmes, des tests ou à des bilans de compétences. C’est pourtant ce que propose généralement un conseiller d’orientation.

Avec vous je veux chercher d’autres solutions à la question de l’orientation.

C’est pourquoi  j’ai ouvert ce blog. En tant que psychologue, qui entend tous les jours les difficultés de ses patients, mais aussi de mère de deux adolescents, et enfin parce que cette question s’est posée également pour moi et revient immanquablement à certaines étapes de ma vie.

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